Nous en avons marre de compter nos morts, nos malades, nos blessés !
AGISSONS POUR METTRE FIN AUX POLITIQUES PATRONALES
QUI TUENT LES TRAVAILLEURS

 

Depuis le 1er janvier, au moins 9 salariés du secteur privé ont été tués au travail pour la seule Seine Maritime. Combien de morts devrons-nous encore déplorer d’ici la fin de l’année ? En 2016, la Carsat Normandie avait recensé 60 accidents du travail mortels déclarés, hors fonction publique et régimes agricoles et spéciaux. Elle constate que le nombre d’accidents du travail avec arrêt a augmenté de 30 % en 3 ans avec plus de 15 000 accidents pour la Seine Maritime.

Concernant les maladies professionnelles, le nombre de cas reconnus par an a été multiplié par 10 depuis les années 90 pour arriver à près d’un millier pour la Seine Maritime. Certains de nos collègues sont victimes d’une double peine, après l’accident ou la maladie professionnelle, c’est le licenciement pour inaptitude. Les services de santé au travail normands dénombrent plus de 7 200 avis d’inaptitude soit l’équivalent de plusieurs dizaines de plans dits sociaux.

Ces chiffres font mal mais sous-estiment largement la réalité. Selon l’INVS, seulement 25 à 35% des Troubles Musculo Squelettiques sont déclarés.

Toutes les études confirment le même phénomène pour les cancers d’origines professionnels. Nous constatons tous de nombreux arrêts de travail dus aux conditions de travail (Lombalgies, souffrance…) comptabilisés en maladie ordinaire sans parler des suicides pour lesquels le lien avec le travail n’est que peu interrogé !

Des morts, des blessés, des malades mais aucun responsable !

Les gouvernants sont largement complaisants vis-à-vis de la délinquance en col blanc des employeurs. Personne ne serait responsable et donc coupable des milliers de morts de l’amiante ! C’est comme s’il existait un permis de tuer les travailleurs à petit feu en les empoisonnant jours après jours…. Et même lorsque les juges constatent l’existence d’une infraction aux règles de sécurité, les peines sont plus que clémentes à l’instar de la condamnation du groupe Bolloré à 5000 € d’amende pour un accident mortel. Tel est donc le prix d’un travailleur !

La mort au travail n’est ni la faute à pas de chance, ni une fatalité. Les employeurs sont conscients des risques qu’ils font courir à leurs salariés ou ceux de la sous-traitance. C’est vrai de la direction de Saipol, responsable de la mort de deux sous-traitants en violant de nombreuses obligations de prévention, mais aussi de l’Etat employeur notamment concernant les expositions passives à l’amiante comme à la Cité 1dministrative de Rouen.

Le droit applicable confirme les employeurs délinquants dans leur sentiment d’impunité. Il n’est pas normal, qu’un employeur responsable de la mort de plusieurs de ses salariés, par la mise en place volontaire d’une organisation de travail, risque moins que l’auteur involontaire d’un accident de la route. Ils sont ainsi confortés dans leurs choix de faire passer les profits avant la santé des travailleurs. Tout laisse à craindre une nouvelle épidémie de maladies d’origines professionnelles en lien avec les produits chimiques, les rayonnements ou les nano-matériaux…

A l’occasion de la réunion du Comité Régional d’Orientation des Conditions de Travail de Normandie (CROCT), présidée par la préfète de région :
RASSEMBLEMENT REVENDICATIF
Jeudi 22 Novembre de 9h à 10h30
Préfecture - Rouen

 

 

75 camarades, du privé et du public, syndiqués CGT ou Solidaire, avocats du SAF,
salariés victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles, expert
CHSCT… se sont retrouvés le 18 octobre 2018 à Mont Saint Aignan pour échanger
autour des questions de santé au travail.


La première table ronde a permis de revenir sur la responsabilité de Total dans l’explosion d’AZF à Toulouse, sur la stratégie patronale dans le procès pénal pour tenter d’échapper aux condamnations, l’insuffisance des mesures prises par la loi Bachelot censée éviter le renouvellement de situations
similaires, les menaces du chantage à l’emploi lorsque les salariés revendiquent sur la sécurité au travail et la récente explosion de SAIPOL à Dieppe ayant fait 2 morts parmi les salariés de la sous-traitance.

 


Puis, après une présentation des combats syndicaux menés sur plus d’un siècle pour obtenir la réparation des maladies professionnelles et exposer les stratégies gouvernementales et patronales mises en oeuvre pour limiter la reconnaissance et l’indemnisation, plusieurs camarades sont intervenus sur les combats en cours en Seine Maritime tant pour obtenir la mise en oeuvre de mesures de prévention des risques (exposition passive à l’amiante, poly-exposition notamment sur les conteneurs maritimes…), que pour le retour à la traçabilité des expositions ou l’indemnisation des maladies et du préjudice d’anxiété.
[ADEIC]


La seconde table ronde a réuni des camarades de l’interpro CGT et Solidaires, des camarades des CARSAT, de l’inspection du travail, des services de santé au travail, d’un expert CHSCT et d’une avocate du SAF pour échanger sur les attaques annoncées par le Premier Ministre autour d’un projet de loi appuyé sur les conclusions du rapport LECOCQ (refonte et assouplissement de la réglementation, dépénalisation des infractions, remise en cause de l’obligation de sécurité de résultats, fusion des organismes, affaiblissement des acteurs de contrôle des entreprises….) mais aussi sur nos capacités collectives à lancer des batailles offensives pour obtenir de meilleurs niveaux de prévention et de réparation.

Après la projection du film « Les Sentinelles » de Pierre PEZERAT qui revient sur plusieurs combats dont ceux des camarades d’Amisol et d’Eternit concernant l’Amiante, des victimes des pesticides comme Paul FRANCOIS et les salariés de Triskalia, nous avons continué nos échanges sur les luttes à construire. Malgré toutes les difficultés de la période (suppression des CHSCT, difficulté à gagner les combats interprofessionnels contre les projets du gouvernement….), tous les intervenants s’accordent sur le fait qu’il est nécessaire de passer à la contre-offensive, que nous ne pouvons pas seulement dénoncer les atteintes à la santé, c’est-à-dire compter nos morts, nos blessés, nos malades, ni en rester à une dénonciation formelle de la situation.

Face aux politiques du gouvernement et du patronat, nous avons émis la possibilité d’organiser des rassemblements revendicatifs pour faire valoir nos revendications. Une première initiative devrait être organisée le jeudi 22 novembre matin devant la préfecture à Rouen à l’occasion de la réunion du Comité Régional d’Orientation des Conditions de Travail (CROCT).